lundi 15 octobre 2012

Autoportraits en chocolat

Ce projet, inspiré par l'un de mes artistes préférés, Vik Muniz, allie aussi mes deux passions: les arts et la bouffe! Ce projet est parfait en début ou en fin d'année, puisqu'il sort des sentiers battus de la classe d'arts plastiques tout en restant très simple. La prémisse: on peut créer avec n'importe quel matériau. Les questions sous-jacentes: qu'est-ce que l'art? Qu'est-ce qu'un artiste? Est-ce que recopier des oeuvres à sa manière fait de Vik Muniz un imposteur ou un génie?

Voici le magnifique site web de Vik Muniz.

Plus récemment, Muniz accorde une grande importance à la portée sociale de son travail. Le lien entre le matériau utilisé et le sujet est extrêmement étroit et d'une importance cruciale. Par exemple, dans le magnifique documentaire Waste Land, il passe deux ans au Brésil, son pays natal, pour rencontrer des trieurs de déchets, les catadores, et créer d'immenses portraits à partir des matériaux récupérés par ceux-ci. Son but: faire découvrir l'art à ces gens en les faisant participer activement à la création et à l'élaboration des portraits, et redonner à cette communauté en versant le prix de chaque photographie au principal intéressé. Je vous l'ai dit que c'est l'un de mes artistes préférés?

Pour ma part, je me suis tenue à l'aspect ludique de son travail, mais il peut être très intéressant d'y ajouter une portée humanitaire.

ÉTAPES DU PROJET:

Ce projet s'est fait dans des classes de 3e, 4e et 5e secondaire. Pour les 3e et 4e, nous avons utilisé du sirop de chocolat. Pour la 5e secondaire, les élèves avaient le choix du médium parmi ceux que je leur ai fournis: chocolat, bonbons, riz, poivre, paillettes, ou tout autre petit objet qu'ils peuvent apporter eux-mêmes.

Avant même de parler du projet aux élèves, je les ai photographiés avec des accessoires qu'ils pouvaient apporter pour se déguiser devant la caméra. Cette astuce a permis aux plus gênés de se camoufler derrière des lunettes ou sous un chapeau, et de mettre un peu de vie à ces portraits d'uniformes scolaires. Il est important d'avoir une source d'éclairage sur le côté, une fenêtre ou une bonne lampe. Il faut ensuite mettre les photos en noir et blanc sur Photoshop (le découpage en deux tons se fait très bien avec l'option isohélie) et les imprimer. Tant mieux si vous pouvez le faire faire aux élèves, pour ma part j'ai du tout faire moi-même...

Après avoir montré quelques images issues de l'histoire de l'art et les reproductions inusitées que Muniz en a fait, j'ai montré aux élèves son portrait en chocolat. Ensuite, les élèves doivent calquer leur portrait et le reproduire sur un carton blanc. Pour plus de défi, la reproduction peut se faire en dessin d'observation, mais le calquage est déjà plus complexe que je ne l'aurais cru!

Une fois la photo reproduite, il ne reste qu'à emplir les espaces noircis de mine avec du sirop de chocolat. Des bâtonnets à café et des cure-dents pour les détails font l'affaire. On entendait les mouches voler, quelle concentration!






Voici les oeuvres appétissantes de mes élèves de 5e secondaire:


En brillants (je ne vous le conseille pas!!!)

En petits bonbons

En paillettes et chocolat

Et finalement... en miettes de simili-bacon!!! (remarquez l'aura de gras autour du portrait...)



2 commentaires:

  1. These are so cool and I also love the work of Muniz. Can I ask, does the chocolate syrup dry?? I bet the students loved making these!

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  2. Well, working with chocolate sirup is a bit tricky because it's stays sticky for many hours, so you need a place to let them dry for a long time. Also, I suggest to do it in the cold season to avoid insects or other unwelcomed visitors...

    BUT, yes, the chocolate dries very well and it becomes a thick crust! I kept a few of them from last year and they are still fresh-looking. Depending of some variables I don't know, some portraits became very shiny and others not. And yes, students loved it!

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