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vendredi 11 janvier 2013

Les monstres surréalistes

Parfois, les idées les plus simples et les plus libres donnent les résultats les plus efficaces.
Ce projet a été planté dans ma tête par une professeure de didactique des arts visuels lorsque j'étudiais à l'UQÀM. Je l'ai repris par la suite lorsque j'ai fait de la suppléance au primaire, car il exploite magnifiquement bien l'imagination enfantine et il peut se faire en moins d'une heure avec une seule feuille et quelques crayons de cire (si on s'en tient à sa plus simple expression). Au secondaire, il libère le geste et permet aux ados de se reconnecter avec l'aspect ludique des arts. Je parle du dessin automatique.

Encore mieux, il se résume en quelques lignes:

Donnez une feuille blanche et un crayon à mine à chaque élève et demandez-leur de fermer les yeux. Puis, vous racontez ceci:
Imaginez que votre mine de crayon est une ficelle que vous déposez délicatement sur la feuille. À partir du moment que la mine touche la feuille, il est ABSOLUMENT INTERDIT de lever le crayon. Vous continuez de faire tomber la ficelle qui s'entremêle au fur et à mesure qu'elle prend de la place sur la feuille.
Demandez-leur ensuite, toujours sans lever le crayon, d'ouvrir les yeux et de continuer la ligne courbe qu'ils sont en train de dessiner pour prendre le plus d'espace possible sur la feuille (sans le savoir, ils sont en train d'équilibrer leur composition!)
Une fois le «dessin sans dessein» terminé, demandez-leur de repérer un visage dans cet enchevêtrement de lignes abstraites, en tournant et retournant le dessin dans tous les sens. Deux yeux, un nez, une bouche déformés, et voilà qu'un monstre ou un étrange animal apparaît devant leurs yeux!


J'aime beaucoup ce projet parce qu'il s'apparente au travail de certains surréalistes abstraits comme Juan Miro et, surtout, les dessins automatiques d'André Masson. J'ai donc commencé par montrer à mes élèves de première secondaire plusieurs oeuvres surréalistes et certaines techniques qu'on y retrouve: le dessin automatique, le fumage et le grattage. Puis, je leur ai expliqué que nous allions expérimenter ces trois techniques.

Lorsque leur dessin automatique est terminé, les élèves retracent au feutre noir les lignes délimitant leur visage/monstre/animal/forme figurative. Ils effacent les lignes superflues à l'intérieur de la forme, mais conservent les lignes abstraites à l'extérieur comme arrière-plan. Puis, ils colorient à la cire l'intérieur de la forme et aussi les lignes de l'arrière-plan. Il est très important de leur dire d'appliquer la couleur en aplat, de peser fort sur le crayon et de ne laisser aucune trace de papier paraître sous la couleur.


Ensuite, ils recouvrent tout leur dessin d'encre de Chine (pour ma part, je l'ai diluée à un peu d'eau), et ils épongent le surplus de liquide avant de laisser sécher. Il ne reste plus qu'à gratter la feuille pour faire réapparaître la couleur. Les élèves sont fascinés par ce principe que le gras de la cire repousse l'eau contenue dans l'encre.

Pour sortir un peu des sentiers battus de l'éternelle feuille rectangulaire, je leur ai ensuite demandé de découper la ligne extérieure qui délimitait leur dessin et de le coller sur un support coloré. Et voilà!





lundi 15 octobre 2012

Ça décoiffe!

Voici le projet que j'ai utilisé pour ma première évaluation en tant qu'enseignante, en hiver 2012. Je suis particulièrement fière du déroulement de ce projet: les élèves ont adoré travailler l'encre de Chine à la plume et la majorité d'entre eux ont été surpris de ce qu'ils ont réussi à produire comme oeuvre. L'idée est très simple: travailler le portrait, les motifs et les textures représentées en s'inspirant de la coiffure.

Le projet a été présenté à des élèves de 3e et 4e secondaire.

PHASE D'INSPIRATION

Pour motiver mes élèves, je leur ai montré un très large éventail de coiffures et de coiffes de toutes les époques et de tous les continents. Je me suis rendue compte en cours de préparation que j'avais un défi à relever: accrocher les garçons (qui étaient majoritaires dans mes classes l'an dernier) à faire un dessin sur la chevelure... Ça n'a fait qu'enrichir la thématique: chapeaux haut-de-forme, coiffes de chefs amérindiens, tricornes à plumes, tressages haïtiens, la coiffe est un symbole social autant pour les hommes que pour les femmes!

J'en ai aussi profité pour les initier à l'art de la Renaissance par l'entremise du portrait, et à la virtuosité des gravures de Dürer:

Peinture de Fra Filippo Lippi

Gravure d'Albrecht Dürer




Deux coiffures qui ont eu beaucoup de succès auprès des élèves:

 
Un chef amérindien

 
La coiffure de l'Indépendance, 
ou comment se promener avec un trois mâts sur la tête à la façon Marie-Antoinette!

ÉTAPES DU PROJET

Il a fallu tout d'abord s'exercer à dessiner un personnage de profil. Une fois la technique bien maîtrisée, les élèves doivent faire un croquis de leur portrait, avec la coiffure la plus extravagante possible! Des exercices à la plume à dessin sur les motifs et les textures représentées sont aussi nécessaires.

Après avoir reproduit leur portrait sur un grand carton blanc, les élèves ont tracé les lignes à la plume à dessin, avec moult détails. On devait apercevoir au moins un accessoire sur la tête, et une partie de l'habit du personnage. 

Pour l'arrière-plan, je les ai initiés au lavis, qui consiste à diluer l'encre de Chine pour travailler les tons de gris et les appliquer au pinceau. J'ai demandé de créer un paysage ou un intérieur qui ajoute un élément de profondeur au dessin. Pour leur faire plaisir, ceux qui avaient tout terminé ont pu ajouter des touches d'encre de couleur à leur oeuvre, pour rehausser certains détails. Et voilà!