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mardi 30 décembre 2014

Retour aux sources

Un an et demi de jachère pour ce pauvre blog...

Il faut dire que la dernière année a été plutôt mouvementée. Un nouvel emploi pour une école pas encore construite (ça s'en vient pour septembre 2015...) et en art dramatique, mesdames et messieurs! Malgré la charge de travail impressionnante j'ai bien aimé l'expérience. Et cette année, me revoilà en arts plastiques avec de nouveaux projets pour tous les niveaux du secondaire!

Cette année, j'ai été très inspirée pas M.C. Escher, cet artiste modeste et inclassable. Ce qui est bien, avec Escher, c'est que ses oeuvres sont aussi impressionnantes que ludiques. Les analyser est un jeu optique. Les élèves adorent. Et moi aussi. Et c'est très graphique. Merveilleux pour apprendre les techniques de dessin. Besoin de matériel au strict minimum. Tout ce qu'il me faut pour survivre un temps à trimballer mon chariot entre 5 locaux différents sur 3 étages différents dans 2 pavillons différents.

DALLAGE À LA MANIÈRE DE M.C. ESCHER

Je suis tombée sur ce vidéo cet automne:


Pour apprendre l'alternance et la juxtaposition, difficile de faire mieux! L'intégration des mathématiques est aussi intéressante. J'ai donc lancé le projet avec les secondaire 1 et j'ai du me rendre à l'évidence: c'est plus compliqué à expliquer qu'à faire! De plus, comme il y a plusieurs étapes, s'il y a une étape de mal faite, il faut tout recommencer. Plusieurs élèves ont ragé à faire et refaire leur pièce de base. Ceux qui ont de la difficulté avec leur motricité fine en particulier. Donc, pour bien réussir ce projet, quelques conseils:
1- Pratiquer soi-même plus d'une fois en regardant la vidéo et apprendre toutes les étapes vraiment par coeur.
2- Faire un très gros modèle de la forme de base pour chacune des étapes et les afficher en classe. C'est absolument essentiel.
3- Le découpage doit être extrêmement précis. Si c'est mal fait, il faut recommencer.
4- Il faut vraiment laisser les 3 coins du triangle intacts.
5- Il est important que les élèves distinguent le point de rotation de leur pièce et la mettent en évidence (en la coloriant, en traçant une flèche, etc.)

J'ai eu quelques découragements, mais avec une bonne dose d'humour, de persévérance et d'optimisme, tout le monde a réussi à mener à bien le projet.

Les résultats sont étonnants!









jeudi 7 mars 2013

L'art aborigène, ou une introduction au symbolisme



Ce projet a été fait en partenariat avec une autre prof d'arts plastiques dans un contexte particulier: j'avais une classe d'accueil, cinq tout nouveaux immigrants, enfermés dans un minuscule local sans fenêtres et duquel ils ne sortaient jamais. Même leurs cours d'éducation physique se faisaient là! Pour favoriser l'intégration, on repassera... Alors j'en parle avec mon amie collègue qui a un groupe d'accueil en même temps et elle me fait un cadeau: enseigner à deux, à un petit groupe jumelé de 20 élèves, dans un vrai local d'arts!

Trève d'anecdote, ce projet est idéal selon moi pour une fin d'année car la technique est assez simple et répétitive. Une fois les élèves bien lancés, ils sont autonomes.

INSPIRATION

L'art aborigène australien est riche et dégage un mystère particulier. Le travail peut être simplement technique, mais il est bien plus intéressant de prendre le temps de bien s'informer sur cet art plusieurs fois millénaire. Selon la tradition, les formes tracées au point sont de nature éphémères; ce sont les artistes des dernières générations, concernés par la perte de leur culture ancestrale, qui ont repris les motifs, les couleurs, parfois les thèmes propre à cet art et en ont fait des tableaux. Selon la tradition, aucun tableau n'est signé, car l'art est un bien de la communauté et l'objet créé revient à celle-ci.

J'ai vu plusieurs fois l'art aborigène utilisé en classe d'arts; souvent, une forme animale est le sujet du tableau. Pourtant, il y a possibilité d'ouvrir le thème de façon bien plus large en abordant les symboles que contiennent les oeuvres aborigènes. Traditionnellement, celles-ci illustrent une histoire du temps des rêves, représentée souvent comme une carte à vol d'oiseau, dont chaque forme représente une piste animale, un point d'eau, un village, ou encore dont le secret de la symbolique est gardé farouchement par son créateur. Ainsi, pourquoi ne pas proposer aux élèves d'inventer leurs propres symboles, leur propre carte d'un monde inventé?

Voici un site intéressant pour s'initier sur le sujet.


PRÉPARATION

Il est important de bien préparer les élèves au travail à la gouache liquide et au mélange des couleurs. Pour notre part, nous avons demandé aux élèves de faire un dégradé de tons (couleur primaire + blanc) et un dégradé de teintes (couleur primaire + 2e couleur primaire) avant de se lancer dans la réalisation du projet.


RÉALISATION

Tout d'abord, nous avons demandé aux élèves de créer une carte qui raconterait le chemin pris pour aller à l'école, leur quartier ou leur ancienne ville. Erreur! Trop cartésien, trop terre-à-terre... Ils ont naturellement dévié le sujet et ont inventé des cartes beaucoup plus personnelles. Nous leur avons simplement demandé d'y insérer des symboles, dont au moins un de leur propre imagination, et d'être capable de les expliquer. Une fois le croquis terminé, ils devaient tracer le squelette de leur carte sur un carton noir, à la mine très pâle. Puis, à l'aide du bout du manche de pinceaux de différentes grosseurs, ils devaient suivre le mouvement des lignes en répétant le motif du point. Ils n'avaient le droit qu'à deux couleurs primaires et du blanc. Voici les résultats:

ACCUEIL PRINTEMPS 2012






SECONDAIRE 2 PRINTEMPS 2012
(3 couleurs primaires + blanc, format réduit)














lundi 15 octobre 2012

Ça décoiffe!

Voici le projet que j'ai utilisé pour ma première évaluation en tant qu'enseignante, en hiver 2012. Je suis particulièrement fière du déroulement de ce projet: les élèves ont adoré travailler l'encre de Chine à la plume et la majorité d'entre eux ont été surpris de ce qu'ils ont réussi à produire comme oeuvre. L'idée est très simple: travailler le portrait, les motifs et les textures représentées en s'inspirant de la coiffure.

Le projet a été présenté à des élèves de 3e et 4e secondaire.

PHASE D'INSPIRATION

Pour motiver mes élèves, je leur ai montré un très large éventail de coiffures et de coiffes de toutes les époques et de tous les continents. Je me suis rendue compte en cours de préparation que j'avais un défi à relever: accrocher les garçons (qui étaient majoritaires dans mes classes l'an dernier) à faire un dessin sur la chevelure... Ça n'a fait qu'enrichir la thématique: chapeaux haut-de-forme, coiffes de chefs amérindiens, tricornes à plumes, tressages haïtiens, la coiffe est un symbole social autant pour les hommes que pour les femmes!

J'en ai aussi profité pour les initier à l'art de la Renaissance par l'entremise du portrait, et à la virtuosité des gravures de Dürer:

Peinture de Fra Filippo Lippi

Gravure d'Albrecht Dürer




Deux coiffures qui ont eu beaucoup de succès auprès des élèves:

 
Un chef amérindien

 
La coiffure de l'Indépendance, 
ou comment se promener avec un trois mâts sur la tête à la façon Marie-Antoinette!

ÉTAPES DU PROJET

Il a fallu tout d'abord s'exercer à dessiner un personnage de profil. Une fois la technique bien maîtrisée, les élèves doivent faire un croquis de leur portrait, avec la coiffure la plus extravagante possible! Des exercices à la plume à dessin sur les motifs et les textures représentées sont aussi nécessaires.

Après avoir reproduit leur portrait sur un grand carton blanc, les élèves ont tracé les lignes à la plume à dessin, avec moult détails. On devait apercevoir au moins un accessoire sur la tête, et une partie de l'habit du personnage. 

Pour l'arrière-plan, je les ai initiés au lavis, qui consiste à diluer l'encre de Chine pour travailler les tons de gris et les appliquer au pinceau. J'ai demandé de créer un paysage ou un intérieur qui ajoute un élément de profondeur au dessin. Pour leur faire plaisir, ceux qui avaient tout terminé ont pu ajouter des touches d'encre de couleur à leur oeuvre, pour rehausser certains détails. Et voilà!