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jeudi 14 mars 2013

Artiste en résidence phase 2

La phase 2 de la résidence, c'est-à-dire l'élaboration de l'oeuvre collective par les élèves, est presque terminée. Pour le groupe 113, la classe s'est transformée en véritable ruche. Une équipe était attitrée à la fabrication de maisonnettes en bâtonnets à café, une autre devait construire un arbre grandeur nature avec seulement des bouteilles vides, et enfin, la moitié de la classe ont moulé leur main ou leur pied à l'aide de bandelettes de plâtre.

Bientôt, nous entamerons la phase 3, qui est d'assembler toutes ces belles choses pour en faire une oeuvre complète et cohérente!

La plus grande difficulté fut d'aider les équipes à bien partir. Avec trois éléments complètement différents, c'était difficile d'être partout et de surveiller tout en même temps! Par chance, Geneviève, l'artiste en résidence, est venue donner des idées et des conseils aux équipes, et a pris plusieurs photos en cours de production.

Voici des photos de la ruche en plein travail:


Il est bien important de prédécouper les bandelettes avec des mains propres et sèches. Le mieux est de les découper juste avant de les utiliser, car l'air fait sécher le plâtre des bandelettes et elles deviennent inutilisables si elles sont trp longtemps à l'air libre. Utiliser de la vaseline pour bien protéger la partie moulée!


Les doigts joints ensemble donnent un plus beau résultat que les doigts séparés. De plus, il y a moins de risque de tout briser en enlevant le moule.


Il faut mettre au moins 3 couches de bandelettes et bien les lisser pour enlever tout pli, trou ou poche d'air et pour bien répartir le plâtre.


Le plus difficile est de faire patienter les élèves avant d'enlever le moulage. En 1h15, il faut souvent enlever le plâtre trop tôt. Un minimum de 20 minutes d'attente est nécessaire pour un démoulage qui ne s'affaisse pas. Il a fallu faire de petites incisions au ciseau pour démouler. Ces incisions sont réparées par la suite avec d'autres bandelettes.


Des photos de l'oeuvre finale sont à venir!

dimanche 10 mars 2013

Art postal phase 1: comment créer des textures sur papier

Ma collègue et moi préparons une exposition qui aura lieu en mai dont le titre est "L'heure du thé". Étant deux fanatiques de thé, nous avons proposé à nos élèves ce thème, leur avons fait découvrir le monde du thé en préparant une dégustation en classe et nos projets ont tourné autour de l'univers du thé: portraits en thé, lanternes japonaises, cartes, logos, tasses en céramique... Projets et photos à venir sur ce blog (la confection des tasses y est déjà!)!



Pour que le vernissage de l'exposition soit un succès, les élèves enverront une carte postale à la maison pour inviter leur famille (ou un ami). Ce sont les profs d'arts de mon ancienne école qui m'ont donné le truc, et ça marche! De plus, c'est une excellente initiation à l'art postal et à la joie aujourd'hui presque oubliée d'attendre et de recevoir une lettre par la poste...

Un objet postal créé par une blogueuse
Ce projet est aussi le contexte parfait pour s'amuser avec les différentes techniques en arts plastiques. Cette année, j'ai envie de travailler les textures et la technique de gravure et d'impression.

L'important pour moi, dans ce projet, est de favoriser l'émerveillement grâce au jeu du hasard. Je vous présente donc en premier lieu une technique toute simple pour créer des textures vibrantes. Il y a bien sûr une multitude d'autres façons de créer des textures sur papier. Peut-être vais-je en proposer d'autres ici à l'occasion...


PAPIER TEXTURÉ AU PASTEL SEC



Vous aurez besoin de:







Il suffit d'égrener des pastels de couleurs et laisser tomber la poudre dans une assiette en styromousse remplie d'eau, puis d'y tremper le papier. Le premier trempage sera très coloré, avec parfois de jolies craquelures, créées probablement par les bulles d'air formées sous le papier.







Pour ce dernier test, le papier a été trempé deux fois, ce qui a créé une superposition des couleurs et de très jolies coulisses.

Si vous trempez directement un 2e papier, assurez-vous d'avoir tout d'abord mis assez de pigments de couleur dans l'eau pour qu'il en reste pour le 2e trempage. Le résultat marbré en vaut la peine!



Et comme Pâques s'en vient, pourquoi ne pas essayer avec les plus jeunes avec des oeufs?

Attention, une fois bien sec, le pastel redevient volatile.  Pour éviter de gâcher l'effet de texture, il faut appliquer un fixatif sur la surface sèche. Amusez-vous bien!


vendredi 8 mars 2013

Une artiste en résidence à l'école!

J'ai eu l'immense chance de travailler en collaboration avec une artiste en résidence pendant les six dernières semaines, un cadeau rare! Pendant six semaines, Geneviève Pratte est venue travailler à l'école même, dans un petit atelier attenant au local d'arts. Le but de la résidence d'artiste est de démystifier le travail des artistes contemporains et de rapprocher le monde de l'art et le monde scolaire. Son travail commencé à notre école sera exposé au printemps avec celui de nos élèves, qui sont en ce moment en pleine création de leur oeuvre en lien avec les thèmes récurrents dans le travail de Geneviève.

Tout un défi de mener des classes de secondaire un, à partir de rien, à une idée générale et à la réalisation de leur plan.

Tout un plaisir de les voir s'initier aux joies du plâtre, de la couture, de l'assemblage...

Tout un plaisir de voir mes élèves échanger des idées avec l'artiste pendant les cours, trouver des solutions, écouter ses conseils...

Tout un plaisir d'avoir l'aide d'une maman couturière si généreuse de son temps qui vient donner des cours de couture en classe.

Tout un défi de finir tout ça dans les quatre prochaines semaines.


Des photos et des nouvelles sont à venir!


...


Sérieusement, du plâtre, quel joyeux bordel. Les élèves adorent (et moi aussi!)

jeudi 7 mars 2013

L'art aborigène, ou une introduction au symbolisme



Ce projet a été fait en partenariat avec une autre prof d'arts plastiques dans un contexte particulier: j'avais une classe d'accueil, cinq tout nouveaux immigrants, enfermés dans un minuscule local sans fenêtres et duquel ils ne sortaient jamais. Même leurs cours d'éducation physique se faisaient là! Pour favoriser l'intégration, on repassera... Alors j'en parle avec mon amie collègue qui a un groupe d'accueil en même temps et elle me fait un cadeau: enseigner à deux, à un petit groupe jumelé de 20 élèves, dans un vrai local d'arts!

Trève d'anecdote, ce projet est idéal selon moi pour une fin d'année car la technique est assez simple et répétitive. Une fois les élèves bien lancés, ils sont autonomes.

INSPIRATION

L'art aborigène australien est riche et dégage un mystère particulier. Le travail peut être simplement technique, mais il est bien plus intéressant de prendre le temps de bien s'informer sur cet art plusieurs fois millénaire. Selon la tradition, les formes tracées au point sont de nature éphémères; ce sont les artistes des dernières générations, concernés par la perte de leur culture ancestrale, qui ont repris les motifs, les couleurs, parfois les thèmes propre à cet art et en ont fait des tableaux. Selon la tradition, aucun tableau n'est signé, car l'art est un bien de la communauté et l'objet créé revient à celle-ci.

J'ai vu plusieurs fois l'art aborigène utilisé en classe d'arts; souvent, une forme animale est le sujet du tableau. Pourtant, il y a possibilité d'ouvrir le thème de façon bien plus large en abordant les symboles que contiennent les oeuvres aborigènes. Traditionnellement, celles-ci illustrent une histoire du temps des rêves, représentée souvent comme une carte à vol d'oiseau, dont chaque forme représente une piste animale, un point d'eau, un village, ou encore dont le secret de la symbolique est gardé farouchement par son créateur. Ainsi, pourquoi ne pas proposer aux élèves d'inventer leurs propres symboles, leur propre carte d'un monde inventé?

Voici un site intéressant pour s'initier sur le sujet.


PRÉPARATION

Il est important de bien préparer les élèves au travail à la gouache liquide et au mélange des couleurs. Pour notre part, nous avons demandé aux élèves de faire un dégradé de tons (couleur primaire + blanc) et un dégradé de teintes (couleur primaire + 2e couleur primaire) avant de se lancer dans la réalisation du projet.


RÉALISATION

Tout d'abord, nous avons demandé aux élèves de créer une carte qui raconterait le chemin pris pour aller à l'école, leur quartier ou leur ancienne ville. Erreur! Trop cartésien, trop terre-à-terre... Ils ont naturellement dévié le sujet et ont inventé des cartes beaucoup plus personnelles. Nous leur avons simplement demandé d'y insérer des symboles, dont au moins un de leur propre imagination, et d'être capable de les expliquer. Une fois le croquis terminé, ils devaient tracer le squelette de leur carte sur un carton noir, à la mine très pâle. Puis, à l'aide du bout du manche de pinceaux de différentes grosseurs, ils devaient suivre le mouvement des lignes en répétant le motif du point. Ils n'avaient le droit qu'à deux couleurs primaires et du blanc. Voici les résultats:

ACCUEIL PRINTEMPS 2012






SECONDAIRE 2 PRINTEMPS 2012
(3 couleurs primaires + blanc, format réduit)














samedi 23 février 2013

L'importance des arts à l'école

«À quoi ça sert de faire de l'art madame?»

Bien que nous soyons convaincus du bien fondé de notre matière, de son importance à court, moyen et long terme dans le développement des jeunes, cette question posée mesquinement par un élève ou en sous-texte par un parent peut parfois nous donner du mal. La première réplique qui nous vient en tête n'étant pas nécessairement politiquement correcte, et n'ayant pas toujours l'envie de nous emballer dans des théories universitaires maintes fois répétées dans nos travaux de jeunesse, comment répliquer de façon rapide et efficace? Voici une suggestion:

«Pour réussir dans la vie!»

J'ai commandé en ligne il y a peu de temps un bijou de livre: The Artistic Edge: 7 Skills Children Need to Succeed in an Increasingly Right Brain World. Son auteure, Lisa Phillips, est Torontoise; enfin, donc, un livre canadien sur le sujet (les États-Unis et la France, entre autres, ont une certaine longueur d'avance sur l'importance des arts, notamment en art thérapie). Petit détail, mais ô combien apprécié: j'ai reçu le livre dans une enveloppe sur laquelle mon adresse était écrite à la main au crayon feutre mauve, avec l'autographe de l'auteure en première page du livre...



Le livre existe seulement en anglais, mais se lit plutôt facilement. L'essence du message est clair: les arts  proposent des façons différentes d'apprendre et permettent aux enfants nord-américains de gagner leur place dans un monde de plus en plus compétitif en développant ces sept compétences:

1- La pensée créatrice (creative thinking)
2- La confiance en soi (confidence)
3- La résolution de problèmes (problem-solving)
4- Avoir de grandes aspirations (dreaming big)
5- Responsabilisation et sociabilité (accountability and relationship building)
6- Communication
7- Adaptation (adaptability)

De plus, le texte est bourré de références et de charmantes citations que l'on peut utiliser en classe.
À lire absolument!

Le site internet du livre contient aussi un blog, des entrevues et bien plus.



jeudi 31 janvier 2013

Poterie et artistes invités

Mettre la main à la pâte. Se salir. Sentir la viscosité froide sur ses doigts. Créer à partir de rien. L'expérience de l'argile, c'est tout ça et bien plus. Dans le cadre de notre future exposition «L'heure du thé», les élèves en multi-arts de ma collègue et moi ont rencontré des artistes céramistes et ont utilisé pour la première fois un tour à poterie pour créer des tasses fonctionnelles.

Les artistes en question, Michel Viala et Sara Mills, font partie du programme Culture à l'école. Ils travaillent habituellement à leur atelier de poterie et fabriquent autant des objets usuels que des objets d'art, que vous pouvez voir sur leur site. D'une très grande générosité et d'une passion contagieuse, ils sont venus animer deux ateliers de deux heures en classe. Lors de la première visite, ils nous ont appris les techniques de base de modelage de l'argile et chaque élève (et les profs aussi!!!) a fait lui-même sa tasse sur l'un des deux tours à poterie que les artistes ont apporté de leur atelier, aidé bien entendu de la main experte de Sara ou Michel.

Deux semaines plus tard, nous avons ressorti les tasses, maintenant presque sèches. La première étape, pas aussi laborieuse que certain élèves peuvent laisser croire (quel acteur!) est de polir la tasse pour enlever le surplus de poussière d'argile et d'imperfections.



Ensuite, Michel nous a expliqué comment modeler l'anse et surtout, comment la coller de façon efficace avec de la barbotine. La dernière étape est l'application de l'engobe, cette mixture d'argile et de pigment coloré qui permet d'égayer nos oeuvres.



Michel et Sara étaient toujours enthousiastes à faire profiter les élèves de leur savoir-faire.





Et voilà le travail!





Certains élèves ont même fabriqué des petites pièces d'argile à l'intérieur de leur tasse!

Maintenant que nos deux artistes sont repartis à Pigeon Hill avec nos oeuvres, il ne reste plus qu'à attendre que la cuisson au four soit faite avant d'aller les chercher et admirer le résultat final. Les élèves n'en reviennent pas qu'ils pourront VRAIMENT boire dedans!










vendredi 11 janvier 2013

Les monstres surréalistes

Parfois, les idées les plus simples et les plus libres donnent les résultats les plus efficaces.
Ce projet a été planté dans ma tête par une professeure de didactique des arts visuels lorsque j'étudiais à l'UQÀM. Je l'ai repris par la suite lorsque j'ai fait de la suppléance au primaire, car il exploite magnifiquement bien l'imagination enfantine et il peut se faire en moins d'une heure avec une seule feuille et quelques crayons de cire (si on s'en tient à sa plus simple expression). Au secondaire, il libère le geste et permet aux ados de se reconnecter avec l'aspect ludique des arts. Je parle du dessin automatique.

Encore mieux, il se résume en quelques lignes:

Donnez une feuille blanche et un crayon à mine à chaque élève et demandez-leur de fermer les yeux. Puis, vous racontez ceci:
Imaginez que votre mine de crayon est une ficelle que vous déposez délicatement sur la feuille. À partir du moment que la mine touche la feuille, il est ABSOLUMENT INTERDIT de lever le crayon. Vous continuez de faire tomber la ficelle qui s'entremêle au fur et à mesure qu'elle prend de la place sur la feuille.
Demandez-leur ensuite, toujours sans lever le crayon, d'ouvrir les yeux et de continuer la ligne courbe qu'ils sont en train de dessiner pour prendre le plus d'espace possible sur la feuille (sans le savoir, ils sont en train d'équilibrer leur composition!)
Une fois le «dessin sans dessein» terminé, demandez-leur de repérer un visage dans cet enchevêtrement de lignes abstraites, en tournant et retournant le dessin dans tous les sens. Deux yeux, un nez, une bouche déformés, et voilà qu'un monstre ou un étrange animal apparaît devant leurs yeux!


J'aime beaucoup ce projet parce qu'il s'apparente au travail de certains surréalistes abstraits comme Juan Miro et, surtout, les dessins automatiques d'André Masson. J'ai donc commencé par montrer à mes élèves de première secondaire plusieurs oeuvres surréalistes et certaines techniques qu'on y retrouve: le dessin automatique, le fumage et le grattage. Puis, je leur ai expliqué que nous allions expérimenter ces trois techniques.

Lorsque leur dessin automatique est terminé, les élèves retracent au feutre noir les lignes délimitant leur visage/monstre/animal/forme figurative. Ils effacent les lignes superflues à l'intérieur de la forme, mais conservent les lignes abstraites à l'extérieur comme arrière-plan. Puis, ils colorient à la cire l'intérieur de la forme et aussi les lignes de l'arrière-plan. Il est très important de leur dire d'appliquer la couleur en aplat, de peser fort sur le crayon et de ne laisser aucune trace de papier paraître sous la couleur.


Ensuite, ils recouvrent tout leur dessin d'encre de Chine (pour ma part, je l'ai diluée à un peu d'eau), et ils épongent le surplus de liquide avant de laisser sécher. Il ne reste plus qu'à gratter la feuille pour faire réapparaître la couleur. Les élèves sont fascinés par ce principe que le gras de la cire repousse l'eau contenue dans l'encre.

Pour sortir un peu des sentiers battus de l'éternelle feuille rectangulaire, je leur ai ensuite demandé de découper la ligne extérieure qui délimitait leur dessin et de le coller sur un support coloré. Et voilà!